Avant de sortir tout le matériel du véhicule, il faut déjà regarder le lieu. Une salle d’évolution dans une école maternelle ne s’installe pas comme un gymnase ou une salle municipale. Où seront placés les enfants ? Quelle distance restera entre le premier rang et les accessoires ? Ceux du fond verront-ils correctement ? Melkior travaille avec le jeune public de 3 à 12 ans et ces questions viennent avant le premier tour.
Le spectacle est visuel, accompagné de musique et construit avec des moments de participation. Les colombes, les lapins et le caniche blanc apportent également des changements très nets pendant la représentation. Avec les enfants, c’est important. Une image arrive, puis une autre. Un moment drôle laisse la place à une apparition. Et déjà certains essaient de comprendre ce qui vient de se passer.

Avec les plus petits, il faut que la situation soit lisible rapidement. Un objet est là. Il disparait. Quelque chose ne fonctionne pas comme prévu. Le personnage se trompe et les enfants veulent l’aider. Les élèves plus âgés commencent souvent à regarder autrement. Ils surveillent davantage les mains ou un accessoire et cherchent déjà une explication.
C’est pour cela qu’il n’est pas nécessaire de prévoir un spectacle pour les maternelles puis un deuxième pour les primaires. Le même numéro peut être compris à plusieurs niveaux. Le petit suit l’histoire. Le plus grand cherche quelquefois le secret. Et lorsqu’ils sont réunis dans la même salle, il faut garder les deux avec soi. Pas toujours facile. Mais c’est justement là que l’expérience du jeune public devient utile.
Autour de Villefranche-sur-Saône, une intervention peut conduire vers Arnas, Gleizé, Le Beaujolais ou plus au nord vers Belleville-en-Beaujolais. Les kilomètres ne changent pas seulement l’adresse. Les lieux d’accueil peuvent être complètement différents. Quelquefois une scène est déjà en place. Ailleurs, il faut créer soi-même l’espace devant les enfants.
Les déplacements peuvent également conduire l’artiste du côté de Lyon. Mais dans tous les cas, l’installation dépend d’abord de la salle réellement trouvée sur place. Une photographie ou une description donnée avant la date aide. Une fois arrivé, il faut encore regarder.
Un objet parfaitement visible à quatre mètres peut devenir minuscule au fond d’une grande salle. On s’en aperçoit très vite lorsqu’un public est installé. Dans une pièce vide, tout semble clair. Avec plusieurs rangées d’enfants, ce n’est déjà plus pareil.
Le spectacle à grand format permet justement de travailler avec des accessoires visibles et un décor de scène. Mais la place du public reste importante. Si les derniers enfants doivent se lever pour comprendre ce qui se passe, l’installation n’était pas la bonne. Le premier rang compte. Le dernier aussi.
Le spectacle demande entre 1 h 30 et 2 h d’installation. Les accessoires doivent être sortis, le décor mis en place, la sonorisation préparée et les animaux installés avant l’entrée des enfants. Ce temps est rarement visible par le public. Et tant mieux. Lorsqu’il entre, tout doit déjà sembler prêt.
C’est aussi pour cette raison qu’une arrivée suffisamment tôt est nécessaire. Installer alors que les enfants sont déjà dans la salle compliquerait tout. Ils verraient les caisses, le matériel et une partie de ce qui doit justement rester en dehors de leur attention. La magie commence mieux lorsque les préparatifs sont terminés.
Le matériel voyage dans un Citroën Berlingo réservé à cette activité artistique. C’est assez révélateur du format proposé. Il ne s’agit pas d’arriver avec un jeu de cartes dans une poche puis de commencer cinq minutes plus tard. Décor, accessoires, sonorisation et matériel lié aux animaux prennent de la place.
Cette organisation permet en revanche d’arriver avec ce qui est nécessaire pour la représentation. Dans une école ou une salle associative, l’organisateur n’a pas à préparer tout un équipement technique. Il faut surtout permettre l’accès au lieu et disposer d’une prise électrique adaptée.
La sonorisation comprend deux enceintes sur pieds et un bloc son. La musique accompagne certains numéros et participe au rythme général. Mais le but n’est pas de mettre du volume uniquement parce qu’il existe une grande salle. Les enfants doivent entendre correctement sans que le son devienne agressif.
Une salle pleine ne réagit d’ailleurs pas comme une salle vide. Les personnes absorbent une partie du son et les réactions du public viennent par-dessus. Là encore, un réglage fait avant l’arrivée des enfants donne une base. Ensuite il faut écouter ce qui se passe réellement.
Avec un jeune public, certains moments provoquent immédiatement un changement d’attention. L’apparition d’une colombe en fait partie. Le lapin aussi. Le caniche blanc ne provoque pas exactement la même réaction qu’une boîte ou qu’un foulard. Ce sont des animaux vivants et les enfants le comprennent très vite.
Cette présence demande évidemment une préparation supplémentaire en coulisses. Les animaux doivent être installés avant l’entrée du public et intégrés à la représentation sans agitation inutile. Sur scène, leur apparition ne dure quelquefois que quelques instants. Derrière, la préparation est beaucoup plus longue.
Un volontaire peut monter sur scène, mais les autres doivent continuer à suivre. C’est là que les réactions collectives sont utiles. Les enfants peuvent répondre, lancer des couleurs imaginaires, faire des gestes ou dire « abracadabra ». Quelquefois, ils veulent surtout prévenir l’artiste qu’il vient de rater quelque chose.
Un jeune volontaire ne doit pas devenir la seule personne intéressante pendant plusieurs minutes. Les copains restés assis doivent encore avoir une raison de regarder. Lorsque toute la salle pense savoir quelque chose que l’artiste ignore, la participation arrive presque toute seule. Il n’est même plus nécessaire de réclamer « plus fort ! » toutes les trente secondes.
Les enfants ne suivent pas toujours le texte prévu. Une question commence et quelqu’un donne déjà la réponse. Un autre raconte ce qui lui est arrivé la veille. Cela fait partie d’un spectacle vivant. Tout arrêter pour remettre chaque intervention à sa place donnerait vite une représentation très longue.
Il faut quelquefois répondre, rire avec la salle puis continuer. Certaines remarques imprévues sont même meilleures que ce qui avait été préparé. Le numéro garde son chemin, mais il prend pendant quelques secondes une petite direction différente. Puis on revient. Il écoute. Et le spectacle avance.
Le décor, l’éclairage et la sonorisation sont apportés avec la prestation. L’organisateur n’a donc pas à chercher deux enceintes au dernier moment ou à construire un fond de scène. Une prise électrique et un espace adapté restent les éléments essentiels. Cette autonomie est également utile pour des manifestations organisées dans l’ensemble du Rhône.
Autonome ne signifie pourtant pas que n’importe quelle pièce convient. Une salle très encombrée ou un espace trop petit devant le public restent compliqués. Il faut pouvoir installer correctement le matériel et garder suffisamment de recul. Une grande salle simple peut quelquefois être beaucoup plus pratique qu’un bel espace rempli de meubles.
Le format présenté demande beaucoup d’accessoires et un temps d’installation important. Les anniversaires dans un salon ordinaire ne sont donc pas la prestation privilégiée. Une grande salle dédiée ou un garage suffisamment vaste peuvent convenir. Mais pousser une table et trois chaises ne transforme pas automatiquement une pièce en espace de spectacle.
C’est aussi une façon de rester cohérent avec la prestation proposée. Le but n’est pas d’accepter toutes les demandes puis de réduire le spectacle jusqu’à ce qu’il n’en reste presque rien. Lorsque la place ne convient pas, mieux vaut le savoir avant le jour de l’anniversaire.
Melkior travaille avec le jeune public. Les prestations de magie rapprochée pour les cocktails, mariages ou soirées d’entreprise ne font pas partie de cette offre. Cela peut sembler limiter les possibilités. En réalité, cette spécialisation permet surtout de ne pas vouloir tout faire.
Un spectacle pour enfants possède ses propres règles. Le rythme n’est pas celui d’un cocktail. L’humour non plus. Les accessoires, les histoires et la façon de choisir un volontaire changent. Un enfant de quatre ans n’a simplement pas les mêmes attentes qu’un adulte devant une table de restaurant.
La température semble être un détail avant la représentation. Elle ne l’est plus lorsqu’un public reste assis pendant une heure. Une salle trop froide détourne rapidement l’attention. Une salle surchauffée peut produire exactement le même résultat. Les enfants commencent à bouger pour des raisons qui n’ont plus grand-chose à voir avec le spectacle.
Il vaut donc mieux vérifier ce point avant l’arrivée du public. Le confort fait partie de ces choses que personne ne remarque lorsqu’elles sont correctes. Mais lorsqu’elles ne le sont pas, tout le monde finit par y penser.
Travailler un numéro ne s’arrête pas obligatoirement le jour où il est présenté pour la première fois. Devant le public, on découvre qu’une phrase arrive trop tôt, qu’un rire dure davantage ou qu’un passage gagnerait à être plus court. Le véritable test commence lorsque les enfants sont là.
Avec les représentations, certains éléments sont raccourcis, d’autres prennent plus de place. Une réaction imprévue peut même finir par être attendue parce qu’elle revient régulièrement. Ce ne sont pas de grandes révolutions à chaque spectacle. Plutôt de petits réglages. Mis bout à bout, ils comptent.
Villefranche-sur-Saône possède sa propre place dans le Rhône, au cœur du Beaujolais. Les demandes peuvent venir d’écoles, d’associations ou de structures réparties dans les communes voisines. Il n’est donc pas nécessaire de présenter cette partie du département comme une simple extension de Lyon.
L’artiste peut néanmoins intervenir du côté de Villeurbanne lorsque les demandes le conduisent plus au sud. Mais autour de Villefranche, les déplacements dessinent un autre secteur avec Arnas, Gleizé, Belleville-en-Beaujolais, puis les communes plus rurales du Beaujolais.
Lorsqu’un artiste débute, une grande partie de son attention reste naturellement sur ses propres actions. Quel accessoire vient ensuite ? Où faut-il poser celui-ci ? Quelle phrase arrive maintenant ? Avec le temps, certains gestes deviennent plus automatiques et l’on peut davantage regarder ceux qui sont devant.
C’est là que l’on voit qu’un enfant de maternelle commence à décrocher alors qu’un élève plus grand surveille précisément une main. Les deux sont encore dans la salle. Mais ils ne regardent déjà plus la même chose. L’expérience sert aussi à remarquer ces petits changements et à ne pas attendre que toute une rangée commence à discuter.
Melkior – spectacle pour enfants dans le Beaujolais
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